Réveil réellement fantastique face à la chaîne du Pamir Alaï, avec à notre droite le Mont Lénine qui cote à 7 134 m.
Petit-déjeuner sur cette immensité revigorante.
Avant le départ, Jean-Yves teste sa valise magique. L’appareil est configuré en anglais et il a dû faire appel aux compétences de Colette pour la traduction (merci à notre prof d’anglais). Après tâtonnements, il parvient à effacer le message d’erreur affiché depuis le 26 juillet au tableau de bord. Il faudra « affiner », mais pour lui tout est OK. Ouf, la tourista de notre Dutaco se termine enfin.
Au village, nous « visitons » l’épicerie, installée dans une espèce de bungalow rouillé. Quelques sacs de grains, un petit comptoir et derrière un rayonnage poussiéreux, collant. Crasseux quoi. Conserves, biscuits, bonbons, boissons… mais pas de fruits et légumes. L’épicière nous envoie chercher le pain dans le resto un peu plus loin. Le lieu est beaucoup plus propre que ce qu’on voit depuis des semaines. Pain appétissant. Patronne discrète mais clients curieux et souriants. On leur donne des flyers de notre parcours et… un drapeau français. Ils veulent une photo. La journée démarre fort.
Aussitôt, la nature kirghize nous enchante. Premier col à 3 615 m. Chaque virage est une surprise. Les photos vous le diront mieux que moi.
Yourtes, roulottes, troupeaux de vaches, moutons, chèvres, yaks se succèdent. Nous voyons des poches de lait accrochées aux yourtes en train d’égoutter ; ça nous fait penser au fromage d’hier. On s’arrête près d’un ruisseau, un four déborde de flammes près d’une petite yourte. Deux femmes et une petite fille nous accueillent. On leur fait comprendre que nous souhaitons leur acheter du fromage de chèvre. Compris. Rentrez-donc. Aussitôt, la plus vieille femme déroule un tapis pour nous au fond de la yourte, face à l’entrée (c’est le coin réservé aux invités). Très vite, elle sort du pain, un bol de crème fraîche, un bol d’huile et deux bols de thé. La bienséance ne nous autorise pas à refuser. Instant magique avec ces 2 femmes. Les gestes et les regards font office d’interprètes.



L’une d’elles est la grand-mère de la petite Elnoura qui s’amuse avec le crayon et le carnet que nous lui avons donnés. Nous lui achetons des fromages de chèvre (des kourouts), petites boules blanches stockées dans un sac en filet de laine. Ils sont durs comme de la pierre mais par très petits morceaux, bien goûteux.
Les pains de la journée sont à reposer en galettes sur un tapis à notre droite. La plus jeune veut que nous restions encore pour assister à la cuisson dans son four extérieur.
Derrière nous, d’immenses et épaisses couvertures qui servent de couche pour la nuit sont repliées ; ils sont 4 à dormir dans cette yourte. Les macramés sont suspendus à la lumineuse charpente de branches de bois peintes en rouge et décorées de motifs multicolores ; ils servent à stocker, sur plusieurs niveaux, les petits bols pour la soupe ou le thé.
Nous devons continuer notre route. Adieux très conviviaux.
Notre prochaine halte sera pour un groupe d’hommes en train de faucher du foin. Il y en a partout dans les champs au bas des montagnes qui deviennent plus vertes. Un jeune est assis à remettre une lame à plat au marteau. Le moins timide nous montre un sourire « en or » et aiguise sa faux pour nous faire une démonstration. Des restes de pastèques s’étalent sur le tapis. Leur déjeuner frugal. Comme d’hab, avant de repartir, visite du camping-car. Pouces levés, ils sont ébahis. Comme d’hab aussi, une tonne de rires spontanés. On est bien.
Le fourgon de notre mécano Jean-Yves passe par là ; il co-voiture Christiane et Patrick qui ont un souci de filtre à huile. Leur 4x4 est monté sur la dépanneuse.
Un chemin rocailleux nous mène au cœur d’une petite vallée. Pique-nique, « seuls au monde » dans le plus beau des décors. La montagne nous renvoie les roulements de tonnerre d’un orage qui noircit l’horizon. Un peu de pluie rafraîchissante.
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| Jeunes marchands d'abricots |
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Nous descendons vers Osh. La montagne laisse place à la vallée. Les yourtes et les roulottes nomades laissent place à des villages de maisons de briques claires. Des groupes de gamins naturellement « à poil » profitent du cours d’eau passé depuis ce matin de l’état de torrent à celui de rivière transparente.
Notre plan (merci Lonely Planet) nous emmène jusqu’à un distributeur ; un peu de soms pour acheter à manger quand même. A cause de travaux, nous traversons le quartier du grand bazar ; c’est effectivement le grand bazar même dans les rues qui sont en terre ; largeur limite pour le camping-car ; mais on s’en sort.
Arrivée à l’hôtel sur un parking bof bof. Nous y retrouvons les « petits » véhicules (les gros sont plus loin parqués au soleil). Ça fait une pause bière bienvenue avec 3 équipages en attendant le briefing du soir. Nous avons confirmation que Maria hospitalisée depuis 8 jours à Urumchi, en Chine, sera rapatriée en France avec Francis sous 48 h après avoir subi avec succès une intervention chirurgicale. Leur camping-car sera va poursuivre le voyage avec Michel, mécano cabine, au volant. Maria et Francis gardent espoir de nous retrouver pour terminer le périple avec nous. Nous en faisons tous le vœu.