24 juin 2014

EKATERINBOURG et Edition spéciale

Première ville étape en Sibérie. Encore un (long) passage symbolique de notre périple. Promesse de steppes infinies et de taïga à perte de vue ; sans doute aussi de villages typiques et coutumes profondément traditionnelles.


Cette fois, c’est avec le groupe au complet que nous passerons le cap Europe-Asie. Une stèle  moderne « spéciale touristes » est aménagé plus près de la ville. Plus facile pour les cars !! Nous sommes accueillis avec pain traditionnel et liqueur de baies rouges. Re-photos.





Avec Annie et Georges, clin d'oeil à leur famille

 Ekaterinbourg est surtout connue pour l’assassinat par les bolcheviques du tsar Nicolas II et de sa famille en 1918. Tout ici est dédié aux martyrs. La maison d’un riche marchand où s’est déroulé l’événement ayant été démolie par Boris Elstine (natif de la ville), l’église du Sang construite en lieu et place marque désormais le souvenir impérial. Icônes, lieu de recueillement.
 



L’histoire toujours : notre resto au cœur de la ville arbore le marteau et la faucille et s’appelle  CCCP. En plus du repas, fameux, nous devons aussi digérer  la rigueur du décor !! (le bar est élégamment orné d’une mitrailleuse)
 

 Retour à la famille Romanov sur le site de Ganina Yama où les cadavres avaient été ensevelis, à quelques km de la ville. Le monastère des Saints Martyrs (ils ont été béatifiés) et ses 7 chapelles en bois illumine désormais la forêt de ses innombrables bulbes dorés. Lieu sacré.






Outre ce pélérinage, nous avons découvert, comme partout ailleurs, un gigantesque mémorial aux soldats morts au combat, nous avons appris que 100 % des chars du pays sont fabriqués ici et que, en raison de cette industrie hautement stratégique, la ville a été longtemps « fermée ». La prospérité de la ville (pas toujours visible à nos yeux) vient des mines d’or, de pierres précieuses et semi-précieuses responsables d’une ruée vers l’or fin 19ème. Puis, elle a comme beaucoup d’autres, perdu tout son patrimoine religieux et architectural. Plus récemment, Ekaterinbourg a été sauvagement marquée par une guerre mafieuse durant les années 1990/2000. 





Notre jeune guide Maya nous confirme ce que nous devinons depuis notre arrivée en Russie : des générations tristement marquées par les massacres, la répression, la terreur, la mémoire des goulags des années staliniennes. Aujourd’hui encore tous restent silencieux sur cette époque. Pour ces générations, les conditions sont particulièrement difficiles, avec un niveau de retraite de 10 000 à 12 000 rouble, çà équivaut au prix d’un loyer modeste (200 à 240 €), ce qui oblige les retraités à continuer à faire des petits boulots et à compter sur la solidarité familiale. Un motif de plus d’enfermement sur soi. Ici, les hommes sont en retraite à 60 ans, les femmes à 55 ans, les salariés en travaux pénibles partent plus tôt et, les policiers à 45 ans …

 Maya, bien qu’originaire de la région, se plaint des conditions météo difficiles. Ici, l’hiver dure de novembre à avril, avec énormément de neige. Pendant au moins 3 mois, les températures avoisinent fréquemment les – 25° à – 30°.  A partir du mois de mai, c’est déjà l’automne : il peut pleuvoir pendant 15 jours d’affilée sans arrêt. Nous avons de la chance, aujourd’hui, il fait soleil !



Un petit proverbe pour illustrer le sujet : « dans l’Oural, l’été existe … il faut juste s’arranger pour ne pas travailler ce jour là !! »




EDITION SPECIALE DU 24 JUIN 2014

Ce soir, Jeanine fête ses 70 ans et, avec son Maurice, elle nous a régalé de fromages de Savoie, de saucissons savoureux, d'une pièce montée "maison". Blanc, rouge et alcool de mirabelle distillée par Maurice ... la fête !!
(tout çà, stocké depuis 18 jours dans leur Azalaî ; une vraie prouesse)
Merci à eux deux et encore bon anniversaire Jeanine !


Pièce montée improvisée

Ambiance mirabelle


23 juin 2014

DE KURGUR A EKATERINBOURG

18 jours de "trip"




Globalement, depuis notre départ, les CC se portent pas mal.

Voici un petit tour d’horizon des petits bobos de nos véhicules : la 1ère panne, celle du fourgon de notre mécano ( !) qui a dû réparer le turbo à Paris avant de nous rejoindre le lendemain.

Depuis : un problème d’alimentation de gaz pour un frigo, l’éclatement d’un pneu, une carte électronique frigo HS,  3 pompes à eaux à réparer ou à changer, une inondation suite à une fuite de tuyau d’eau, un  bris de phare, un impact dans un pare-brise, une panne d’embrayage, un accrochage avec constat amiable … tout est réparé et solutionné  !

Pour l’instant, notre « dutaco » assure… mon chauffeur me précise que c’est grâce à sa bonne conduite ; allez, on va dire que c’est çà !! 

Aujourd’hui, nous allons digérer notre décalage horaire. Les guides touristiques parlent d’une grotte de glace dans Kourgour, la ville d’à côté notre campement. Nous sommes plusieurs intéressés. On s’y  retrouve pour une visite en groupe. Après un peu d’attente, c’est parti. Nous entrons dans un dédale de couloirs taillés dans la roche qui, immédiatement nous surprend. A quelque mètres de la surface, nous sommes plongés dans des grottes entièrement givrées ; il fait -2 °. Stalactites et stalagmites, et même quelques colonnes et sculptures transparentes. C’est vraiment curieux.


Le plus curieux, c’est que çà s’arrête au bout de 10 mn. Ensuite, nous suivons la guide (en russe) dans une suite de galeries qui s’ouvre sur des voutes, quelques minuscules lacs. Le clou : une projection de vidéo sur la création de la ville. C’est « nul » et l’ensemble de la balade dure 2 heures, mais çà semble être une véritable attraction touristique pour nos amis russes. On oubliera vite.



Pour le passage Europe/Asie, je trouve grâce au GPS,  le monument « historique » érigé en 1823 pour marquer le passage dans le coin du tsar Alexandre II. C’est à 40 km avant Ekaterinbourg. La tradition veut que l’on y franchisse la frontière  en sirotant un verre d’un côté, puis un de l’autre. La tolérance alcool étant de 0 en Russie, nous nous munissons d’un breuvage à bulle couleur café pour marquer l’événement. Nous sommes rejoints par 2 autres équipages. Photos rigolotes. On se lâche un peu ; pour nous deux c’est réellement notre premier pas en Asie.

  







Arrêt pour 2 nuits sur le parking d’un hôtel à l’entrée ouest de la ville. Calme.